PISA et l’ égalité filles-garçons à l’école

 


L'enquête PISA publiée début décembre met en évidence la dégradation de l'éducation depuis 10 ans dans notre pays. Elle montre également que les stéréotypes enferment encore trop souvent nos filles et nos garçons dans des représentations figées.

Si les résultats en mathématiques des filles et des garçons se sont dégradés parallèlement, les filles restent moins nombreuses au sein des élèves très performants en mathématiques. Dans le même temps, l'écart entre les sexes s'est creusé en matière de compréhension de l'écrit. Presque la moitié des garçons sont situés en bas de l'échelle des compétences en matière de lecture.

L'enquête montre que les inégalités filles garçons sont plus que jamais au cœur des inégalités scolaires. Nous devons arrêter de reproduire les stéréotypes qui voudraient que les filles soient spontanément littéraires et les garçons naturellement scientifiques. Ces inégalités sont celles qui pénalisent notre système éducatif.

L'enquête PISA montre que les écarts filles-garçons varient sensiblement d'un pays à l'autre et sont directement liés à la performance globale des systèmes éducatifs. Ils traduisent l'impact des stéréotypes sur la réussite de chacune et chacun. Echec scolaire plus fréquent des garçons, moindres ambitions scolaires des filles, les conséquences de ces représentations figées sont lourdes.

Pour mettre fin à cette situation qui pénalisent les jeunes, l'égalité entre les filles et les garçons a été inscrite au cœur de la refondation de l'école. La formation des enseignants comme des élèves à l'égalité entre les femmes et les hommes fera reculer les stéréotypes de genre à l'école.

L'ambition, c'est de modifier les pratiques et les représentations pour parvenir à une orientation conforme aux choix et aux talents de chacun, filles et garçons, en dehors de toute assignation sociale ou de sexe et de toute représentation stéréotypée des attitudes et des métiers.


Najat Vallaud-Belkacem

E. Favey "Retrouver le goût de l' avenir !"

Les rendez-vous de l'économie sociale et solidaire
Éric Favey

 Éric Favey, le secrétaire général adjoint de la Ligue de l'enseignement appelle à la mobilisation de tous pour "pour élucider les situations et les transformer, pour permettre aux identités nombreuses qui constituent notre société de se rencontrer, de se reconnaître en égale dignité et de contribuer à fabriquer du commun."
En France, portée par une histoire de plus de 200 ans (1), l'éducation populaire s'est construite à travers le mouvement associatif et des acteurs publics. Tous sont aujourd'hui confrontés aux mutations de nos sociétés mondialisées et numérisées, à l'individualisme et à l'affaiblissement des politiques publiques. Dans cette période d'incertitudes, notre pays a plus que jamais besoin de l'éducation populaire. Celle-ci se doit de contribuer à rendre l'avenir possible. Les enjeux de démocratisation culturelle qu'elle porte sont d'une autre nature : mobilisation pour élucider les situations et les transformer, pour savoir ce que nous savons et ce que nous allons faire de ce que nous savons, pour discerner dans le flot continu des informations celles qui sont utiles pour une compréhension critique des questions posées à nos vies personnelles, citoyennes et professionnelles, pour donner la parole à celles et ceux qui ne l'ont pas, pour permettre aux identités nombreuses qui constituent notre société de se rencontrer, de se reconnaître en égale dignité et de contribuer à fabriquer du commun. Là où, il y a plus d'un siècle, l'éducation populaire, ses militants, ses initiatives, avaient pour objet de faire « une culture avec des peuples », la culture politique de la République, l'objet n'est-il pas aujourd'hui de faire un « peuple avec des cultures » ? Cela dans le cadre de la démocratie de consentement et dans les dimensions indissociables du local, de la nation, de l'Europe et du monde. La laïcité comme condition de la libre et perpétuelle invention des valeurs qui fondent notre « en commun » le permet. L'éducation populaire a donc une responsabilité particulière dans la formation humaine, la vie sociale et la citoyenneté, notamment pour les jeunes. Elle doit nourrir leurs aspirations, offrir à leur énergie autre chose que le consumérisme compulsif, l'exaltation de l'argent, le cynisme, voire la haine née de l'aveuglement. Nous voyons bien ce qui menace notre pays avec le sentiment de dessaisissement de l'avenir personnel et collectif, le fatalisme qui gagne, la montée des peurs, les nationalismes, l'extrême droite et l'aggravation des inégalités. Pourtant, jamais nous n'avons disposé d'autant de connaissances et de moyens économiques, technologiques et sociaux pour trouver des issues aux crises. L'éducation, c'est ce qui donne aux humains les moyens de trouver leur place dans un monde commun et de le faire progresser. Nous vivons une métamorphose comparable à celle de la Renaissance, un changement de civilisation à l'échelle du monde, avec ses transitions, les angoisses et les espoirs qu'elle révèle et l'imagination qu'elle appelle. L'heure n'est pas à la description contemplative de la situation où à la sous-traitance de l'impuissance publique. À l'éducation populaire de prendre sa part de ce changement d'ère. Comme Gaston Bachelard y invitait : « Le futur, ce n'est pas ce qui va arriver, c'est ce que nous allons faire. »

En savoir plus : http://www.humanite.fr/eric-favey-retrouver-le-gout-de-lavenir-550492#sthash.Q2YXpgkf.dpuf

 

Inégalités à l'école : le culte du diplôme...

Inégalités à l'école : le culte du diplôme écarte les jeunes du monde du travail. Un drame

 

Par Farid Temsamani Porte-parole de Banlieue +

... « La République a échoué : elle est tombée dans l'excès inverse.
À trop écarter les enfants du travail, l'éducation à la française le dévalorise
voire le rejette. Le culte du diplôme fait des pieds de nez arrogants aux
formations professionnelles. 

Pourtant, l'éducation n'est qu'une étape pour s'intégrer dans ce monde du
travail. C'est le songe de Sully Prudhomme avec "des métiers qui bourdonnent". "Nul ne peut se vanter de se passer des hommes",
il est donc nécessaire de repenser, dès le collège, les liens entre l'entreprise et l'éducation dans le but de corriger précisément le rapport avec le secteur
privé. »

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